La famille de Philibert
● L'arbre
généalogique

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La famille
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François-Philibert Vrau
(1792-1870)
C’était en 1792 pendant le siège de Lille par les Autrichiens, François Philibert naquit dans une cave. Il reçut une bonne instruction et travailla d’abord avec son père François-Joseph Vrau, agent de change, c'est-à-dire à l’époque petit banquier. Avec l’aide de celui-ci, il se lanca à l’âge de 24 ans dans l’industrie textile et se spécialisa assez vite dans le fil à coudre. En 1827, il acheta 11 rue du Pont-Neuf à Lille un important hôtel particulier avec cour et jardin. Au prix de gros emprunts, il y installera son habitation et son entreprise de fil à coudre. L’entreprise qui comptait une cinquantaine de salariés végète longtemps et François-Philibert n’épura ses emprunts qu’en 1869, soit un an avant sa mort survenu en 1870. En 1859, il avait lancé avec la marque « Fil au Chinois » un nouvel article sous la forme d’une pelote de fil qui remplaçait l’écheveau peu pratique. Dans un contexte économique favorable, son fils Philibert, alors âgé de 30 ans, donna une impulsion décisive à l’entreprise qui décupla son chiffre d’affaire en 10 ans.
A l’âge de 35 ans, en 1827, il épousa Sophie Aubineau. De ce mariage sont issus trois enfants, dont un fils Philibert Vrau.
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Sophie Aubineau
(1807-1888), épouse de F-Ph. Vrau
Après avoir perdu ses parents dans la jeunesse, la mère de Philibert Vrau vécut chez son grand-père maternel, agent de change à Paris. Elle reçut une bonne instruction mais eut à supporter des rapports difficiles avec sa belle-mère. Elle aborda avec appréhension le mariage avec François- Philibert Vrau. C’était un mariage de présentation. Le fiancé avait 35 ans et elle en avait 20. En fait, ce fut un excellent mariage et Yves-Marie Hilaire a pu écrire que Philibert, leur deuxième enfant, était «un enfant de l’amour ». Sa fille aînée épousa un ingénieur des Ponts des Chaussées que sa carrière conduisit en diverses régions de France. Le troisième enfant était également une fille née dix ans après Philibert qui devint l’épouse de Camille Féron. De santé médiocre, Sophie Aubineau se tenait au courant des affaires. Après la mort de son mari, survenue en 1870, elle assista moralement et financièrement, son fils Philibert qui ne s’était pas marié et logeait chez elle. Elle mourut en 1888 à l’âge de 81 ans.
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Camille Féron-Vrau
(1831-1908)
Camille était un ami d’enfance de Philibert Vrau. Il fit des études de médecine et resta lié d’amitié avec Philibert. Il joua un rôle important dans la conversion de ce dernier qui s’était laissé attirer par le positivisme, sorte de scientisme. En 1861, il épousa Marie Vrau la jeune sœur de Philibert, les deux jeunes gens étaient très épris l’un de l’autre. En 1864, à la demande de sa belle-famille, il abandonna une belle carrière de médecin et entra dans la Maison Vrau pour apporter une aide à Philibert et pour la suite assurer une succession familiale, car, pour des raisons religieuses, Philibert, avait décidé de ne pas se marier. Son aide fut d’autant plus utile à la direction de l’entreprise que Philibert était souvent en déplacement. En principe, Philibert s’occupait des relations avec l’extérieur, c'est-à-dire des rapports avec les fournisseurs et avec les clients. Camille avait l’intérieur, y compris le bureau commercial qui assurait le courrier journalier avec les voyageurs et avec les clients. Il avait aussi la responsabilité des rapports sociaux avec le personnel. A égalité de rémunération avec Philibert, il contribua largement au financement des oeuvres de celui-ci : Université catholique, ICAM, églises et autres. Il apporta son concours personnel à l’œuvre des conférences de Saint-Vincent-de-Paul dont Philibert était le président régional et aux autres œuvres religieuses de Philibert.
En 1912, débuta officiellement un procès de canonisation commun à Philibert et à Camille que Monseigneur Louis Baunard, leur premier biographe, a appelé : « les deux frères ». Aujourd’hui les règles ont été modifiées et les procédures communes à plusieurs personnes, ne sont plus reçues qu’en cas de martyre subi ensemble. Il parait plus opportun d’ouvrir une première requête en béatification pour Philibert Vrau, le leader tant en matière religieuse qu’en matière professionnelle.
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Marie Vrau (1839-1913),
épouse de C. Féron-Vrau
Elle naquit en 1839. Nous avons quelques renseignements sur sa période de fiançailles qui montre une personne dévouée : elle avait été soigner près de Lyon sa sœur aînée malade. Elle mit au monde cinq enfants dont trois ne vécurent pas. Une fille, Anne-Marie, mourut à l’âge de 18 ans et les parents consacreront sa dot à un premier apport à la fondation de l’hôpital Saint-Antoine consacré aux enfants. En tant que femme de patron, vivant à proximité de l’usine, elle donna beaucoup de temps au personnel. Assez rapidement Philibert prit ses repas dans son foyer et après la mort de sa mère, y eut sa chambre. Marie s’occupait de son vestiaire. C’était une femme très pieuse et certains avaient proposé qu’elle fut jointe au procès de canonisation de Philibert et Camille. Elle mourut en 1913, cinq ans après son mari et huit ans après Philibert.
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Paul Féron-Vrau (1864-1955)
Né en 1864, enfant de Camille Féron et Marie Vrau, il fit des études d’ingénieur à l’Université catholique de Lille. Il rentra dans l’affaire familiale en 1887 et la dirigea avec succès jusqu’en 1925. Comme ses prédécesseurs, il s’intéressait aux œuvres catholiques et plus particulièrement à la presse d’inspiration chrétienne. C’est ainsi qu’en 1900, du jour au lendemain, à la demande des Pères Assomptionnistes qui étaient les propriétaires et se trouvaient chassés de France, il reprit la direction du journal « la Croix » et de la société d’édition de la Bonne Presse, avec un effectif de 500 personnes. Malgré beaucoup de difficultés, procès de la part de l’Etat et autres, il sut maintenir et même développer l’outil de travail. Les Pères Assomptionnistes en reprirent le contrôle direct au cours des années 1925 et 1926.
En 1905, avec l’aide de quelques industriels chrétiens de la région, il fonda la « Presse Régionale », importante société qui soutint une quinzaine de quotidiens de province et autant d’hebdomadaires d’inspiration chrétienne. A la différence de « la Croix » et de la « Bonne Presse » qui s’autofinançaient, la « Presse Régionale » lui coûta beaucoup d’argent. Elle se maintint avec succès jusqu’à la deuxième guerre mondiale.
En 1925, il passa la direction de l’entreprise Vrau à son beau-frère Paul Bernard qui avait dix ans de moins que lui et à ses neveux par alliance Michel et Jean Théry.
Il avait épousé en 1887 Germaine Bernard, issue d’une vieille famille chrétienne de Lille. Malheureusement le ménage ne put pas avoir d’enfant.
Retiré des affaires et veuf, il mena une existence pieuse et discrète. Il finit ses jours dans la maison familiale du 11 rue du Pont Neuf.
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Germaine Bernard (1869-1927)
Issue d’une famille de huit enfants, elle perdit son père, alors qu’elle était seulement âgée de cinq ans. Elle se maria à 18 ans avec Paul Féron-Vrau. Femme de tête, intelligente et très dévouée, elle seconda sa belle-mère, Marie Féron-Vrau, auprès du personnel de la Maison Vrau. A partir de l’année 1900, son mari fut amené à passer la moitié de chaque semaine à Paris pour diriger « la Croix » et la « Bonne Presse ». Germaine lui assura un appui efficace à la direction de Vrau. Restée volontairement à Lille avec son mari en 1914, elle donna toute sa mesure pour assister le personnel de Vrau dans la ville de Lille occupée par les Allemands et proche des lignes de front. Son aide s’étendait à bien d’autres et c’est ainsi qu’elle aida matériellement Louise de Bettignies, courageuse jeune fille qui faisait du renseignement pour les alliés. Elle mourut en 1927 après une longue et pénible maladie.
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